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La Marlagne

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Marcel Hicter

Ainsi est-il vrai qu’à Marcel Hicter l’on doit le Service de la jeunesse, le Conseil de la jeunesse, le Décret sur la Lecture Publique, les Tournées Art et Vie, une politique de l’Audio-visuel et même la Médiathèque, les stages d’art dramatique ou d’animation, le dépôt de matériel didactique et les camps de vacances qui rassemblent chaque année des milliers de jeunes grâce au matériel de camping. (…) C’est à lui qu’on doit ce domaine de La Marlagne (…).

Etienne GROSJEAN, « Le Directeur Général », in Marcel Hicter, Cahiers JEB, Direction générale de la jeunesse et des loisirs du Ministère de la Culture française, Fondation Marcel Hicter pour la Démocratie culturelle, Magermans éd., Andenne, Belgique, 1983, p181.


Docteur en philosophie et lettres de l'ULg (1939), Marcel Hicter enseigne à l'Athénée de Seraing (1939-1944) puis est l'assistant du Professeur Hubaux à l'ULg (1944-1954). Dans le même temps, il est nommé conseiller chargé de créer le Service national de la Jeunesse (1946-1954). Secrétaire de cabinet du Ministre de l'Education nationale Léo Collard (1954-1958), il est ensuite nommé directeur de l'Administration des Arts, des Lettres et de l'Éducation populaire (1958-1963), avant de devenir directeur général de la Jeunesse et des Loisirs (1963-1979). Il occupe aussi une chaire à l'ULB (1965-1979) et, expert en matière culturelle, il est administrateur de la RTB puis commissaire général du gouvernement auprès de la RTBF.
Membre-fondateur de l'Assemblée mondiale de la Jeunesse (1947), président de la Fédération internationale des Centres d'Entraînement aux Méthodes d'Éducation active (1970-1979), animateur du Théâtre universitaire, il a toujours orienté son action au service de la jeunesse, dans le domaine culturel et celui de l'éducation permanente, tant en Belgique qu'à l'étranger. Sa vie est consacrée à la mise en place d'un système d'éducation démocratique, permanente et en profondeur de la jeunesse. Pour Hicter, c'est l'éducation qui conduit à la démocratie. Dès lors, les associations de jeunesse doivent être encouragées par les pouvoirs publics subsidiants mais tout en leur laissant leur totale autonomie. Soucieux de réformer l'enseignement, il préconise de substituer aux modèles de la pédagogie traditionnelle d'autres modèles fondés sur l'autonomie, la vie collective et l'autogestion. Par ses propos et sa démarche, il fait figure de précurseur. Avant les événements de mai 68, il a perçu l'ampleur de la problématique et proposé des pistes de solutions qui seront étudiées au sein du Conseil de l'Europe (Centre européen de la Jeunesse, Fonds européen pour la Jeunesse...).
Homme politique socialiste (il parvient à faire organiser des Assises culturelles au sein de son Parti en 1976), il est très proche des milieux syndicaux de la FGTB et grand défenseur de la laïcité. Membre du Congrès national wallon et du Comité permanent d'Action wallonne (1963-1964), il participe activement aux grèves de 1960 et oeuvre en faveur des Fouronnais francophones. Président d'honneur des Auteurs wallons, Marcel Hicter est lui-même poète et essayiste. Il a signé des livres sur L'âne d'or d'Apulée, sur la naissance du genre romanesque dans les littératures grecque et latine. Adaptateur (avec Gérard Prévot) de Célestine , de Fernand de Rojas, auteur dialectal (Awe vi fré, Gentils, gallans de France), il a traduit Virgile en wallon.

Pour une biographie plus complète, on se reportera à la notice qui lui est consacrée dans l’Encyclopédie du Mouvement wallon, sous la direction scientifique de Paul DELFORGE, Philippe DESTATTE et Micheline LIBON, Charleroi, 2000, tome 2, p. 804-805.
Texte extrait de l’ouvrage Cent wallons du siècle, Institut Jules Destrée, Charleroi, 1995. Voir également le site : www.wallonie-en-ligne.net